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Abdelwahab Boulefkhad : président de la FNHT
Crédits, lits, visas : Les vérités du président de la FNHT

Après la reconduction de son président, Abdelwahab Boulefkhad, pour un second mandat, à la tête de son bureau national, la FNHT (Fédération nationale de l'hôtellerie et du Tourisme), s’attèle désormais à établir une nouvelle feuille de route pour le nouveau quinquennat. Rencontré en marge du salon international du tourisme Cirta-Siaha 2026 de Constantine, le président de la FNHT a fait part à « Destinations Algérie » de l’état d’avancement des démarches entreprises avec les différents départements ministériels impliqués dans l’industrie touristique : Les ministères des finances, du tourisme et de l’artisanat, celui des transports, et le ministère de l’intérieur.
D’emblée, A. Boulefkhad a tenu à préciser que le BN de la FNHT s’inscrit dans la continuité de ce qui a été entrepris au courant du mandat précédent. « Beaucoup de choses ont été faites au courant de la première mandature. On a engagé des négociations avec plusieurs ministères pour présenter les doléances des professionnels du secteur, notamment sur les volets financier et de la réglementation, le remboursement des crédits, entre autres », affirme-t-il, tout en précisant que l’unique souci qui demeure est celui de l’échéancier de remboursement des crédits. « On nous a promis d’étudier la question sérieusement », enchaîne-t-il, plaidant la cause des investisseurs qui se retrouvent, selon lui, « coincés dans un dilemme » ; celui du remboursement du crédit contracté, alors que leur projet est à peine entré en exploitation !
« Un crédit engagé à 50 ou 60 % d’un projet de grande envergure demande du temps pour qu’il y ait retour sur investissement », explicite-t-il.
Suite aux réunions de travail de la FNHT avec l’association des banques, en présence du Directeur général du trésor, sous le regard bienveillant du ministère des finances, « désormais, le problème ne se posera plus pour les nouveaux projets, l’échéance de remboursement étant porté à 18 ans, avec un taux bonifié », relève M.Boulefkhad.
Cependant, la question pour les établissements en exploitation demeure pendante, non tranchée, étant encore à l’étude. « Pour préserver les établissements, il faudra une décision politique courageuse », tranche le président-t-il sans détour !
L’optimiste est permis, du fait des résultats probants des séances de travail avec les différentes institutions, cependant le « boulet » des crédits, à savoir les pénalités de retard, est un autre casse-tête auquel les professionnels font face : «…Un autre point à mettre sur la table des négociations, en plus de plusieurs questions relevant de la réglementation », note M. Boulefkhad.
« Cap sur un tourisme meilleur »
La vétusté du parc hôtelier est un des boulets majeurs de l’industrie touristique : il en résulte inéluctablement une perte de compétitivité et une entrave à l'expérience client….un cercle vicieux où une offre inadaptée dissuade les voyageurs- touristes en conséquence il en résulte une retombée économique négative. C’est un constat implacable ! Et c’est le cas de l’Algérie. Il y a un manque flagrant en termes de lits, notamment au niveau des wilaya côtières. Sur 170.000 lits du parc hôtelier national, on a pas encore atteint les 50.000 lits pour les 14 wilaya côtières. « Ce qui est très en deçà des normes requises ! Ce qui laisse nos compatriotes se rendre à l’étranger pour leurs vacances- (à cause des prix non standardisés et non compétitifs chez-nous) -», relève notre interlocuteur. « Il faut œuvrer à inverser la donne par une dynamique soutenue de l’investissement », assène-t-il.
La FNHT restera à l’écoute des professionnels du secteur, de par sa vocation et « tendra toujours la perche à tous les investisseurs pour les accompagner jusqu'à la réalisation de leur projet », réitère M. Boulefkhad, exhortant ceux qui ont déjà une expérience dans la gestion de « prétendre à un second projet et pourquoi pas même à un troisième », seulement en diversifiant dans la gamme et la nature du projet.
Le bureau national de la FNHT s’attèle, à travers sa nouvelle feuille de route, à « mettre le cap sur un tourisme meilleur ; ceci par la simplification des procédures d’obtention des visas, la standardisation et l’optimisation des prix par gamme d’établissements, tout au long de l’année,…etc. il faut faire avancer les choses », note notre interlocuteur, précisant que plusieurs points sont inscrits sur la feuille de route de la FNHT pour le prochain quinquennat, tout en insistant sur le volet formation des cadres-gestionnaires qui, selon lui, « doivent être de métiers et à jour». Au cas échéant, « il suffit de faire des plans Busness et envisager des partenariats Public/Privé. Ça marche beaucoup mieux dans certains cas », conclue-t-il.
Achour B.
