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- Catégorie : Artisanat
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Omar Bekkouche : SG de l’association des figuiculteurs d’Ath Maouche
«On souhaite que l’État accorde plus d’intérêt à la filière»

Dans l’entretien qui suit, le SG de l’association des figuiculteurs nous fait part de l’inquiétude des figuiculteurs quant à la sauvegarde de la filière qui peine à se structurer dans ses différents segments. L’acte majeur de cette 21ième édition, selon lui, est, sans nul doute, « l’inauguration d’une pépinière communale qui, espère-t-il, contribuera à la sauvegarde des variétés locales ». Il évoque également les difficultés que rencontrent les artisans pour commercialiser leur produit, ainsi que le processus de labellisation qui avance « à marche d’escargot ». Ci-après l’entretien.
1- Où en êtes-vous avec les préparatifs de la 21ième édition ?
On est au dernier virage des préparatifs avant le jour J. Les inscriptions sont terminées mais on garde une marge de temps pour accueillir les exposants qui souhaitent participer à la fête. On a enregistré 160 exposant de 18 wilaya. La nouveauté de cette année, c’est l’inauguration d’une pépinière communale et un concours de poésie, de proverbes et de citations portant sur la filière figuicole. La pépinière est un acte important dans le sens de la préservation des variétés locales, en mettant à la disposition des populations de la région les différentes variétés de boutures. On a la volonté de donner un aspect culturel également à l’événement. Aussi, des agences de tourisme ont prévu des excursions à l’occasion de la fête de la figue.
2- Au fait, il était question d’un festival d’envergure internationale l’année dernière.
Plutôt, on a pensé à un festival un certain temps, comme en 1996, mais on a été dissuadé mais l’ambition y est toujours. On a quelques contacts qui ont confirmé leur intérêt à prendre part à l’événement mais c’est très insuffisant. Pour prétendre à un événement d’envergure internationale, il faut assurer une participation étrangère assez conséquente. De plus, pour cette année, on n’a pas eu les autorisations nécessaires à temps. Le projet nous tient à cœur d’autant plus qu’on a quelques contrats de jumelage avec des associations (Turquie, Tunisie, France et Égypte).
3- Vous avez pris part récemment en votre qualité de Secrétaire général de l’association aux festivités de la F.A.O, en Italie. Faites-nous un compte rendu succinct de votre séjour à l’occasion.
J’ai animé, en effet, une conférence, en février dernier, au siège de l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture F.A.O (Italie. La communication a suscité l’intérêt des participants, d’ailleurs des propositions ont été retenues. Les représentants des 87 pays, ravis, ont fortement apprécié et l’échange et les figues d’Ath Maouche.
4- Où en est la labellisation entamée depuis près d’une dizaine d’année ?
D’emblée, je vous dirai qu’on n’est pas satisfait du taux d’avancement du processus mais les choses ont quelque peu avancé. Après la phase de contrôle, on a sélectionné les produits de 13 producteurs sur les 48 proposés sur la liste. Ces derniers auront leur logo prochainement. On n’a pas l’expérience et le savoir-faire nécessaires pour mener à bien la gestion des différentes étapes de la certification et de labellisation.
5- Qu’en est-il de la commercialisation, avez-vous pensé à créer une coopérative ?
C’est l’obstacle majeur de la filière. Les figuiculteurs se débrouillent comme ils peuvent. On a pensé à la création d’une coopérative mais les difficultés de gestion de la filière sur le terrain nous ont dissuadés.
On lance un appel aux investisseurs intéressés par la filière à venir nous aider dans ce sens. L’investisseur doit répondre à certains critères ; comme l’amour de cette activité (figuiculture), avoir de gros moyens financiers, explorer chacun des aspects de la filière (emballage, mise en place d’un réseau de distribution à l’échelle nationale et même internationale, …etc.).
6- Quid du soutien et de l’aide de la filière par les pouvoirs publics ?
L’aide qu’on a reçu à présent concerne uniquement la labellisation. Même si le dossier recèle encore des manques et des lacunes, la dynamique est bien là. On souhaite vivement que l’État accorde plus d’intérêt à la filière figuicole. Ce que l’on veut concrètement c’est que l’aide de l’État soit orientée, en premier lieu, vers la préservation des variétés locales, en n’important pas variétés d’ailleurs qui bouleverse le microclimat local.
Concrètement les figuiculteurs souhaitent recevoir une aide destinée aux fouilles : Un acquis qui garantira la régénération des plants existants.
50% des figuiers existants sont hérités. La maladie fait des ravages qui consument lentement les figuiers restants. L’unique alternative est la plantation tout azimut de nouveaux plants. Dans le cas contraire la filière sera vouée au déclin. C’est pour cela, une aide même symbolique dans ce sens sera salutaire.
Achour B.

